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Le Dossier

La crise des agriculteurs... état dans l'Avesnois

2 - La réalité du terrain


La colère, le désarroi : les agriculteurs de la région ont multiplié les actions durant le mois de janvier et février. Boulogne sur Mer, Lille, Arras (voir article « Manifestation à Arras ») : à chaque fois, ils étaient très nombreux, « Je ne suis pas étonné, estime Marie Sophie Lesne, vice-président au Conseil Régional en charge de l’agriculture. Le mouvement avait commencé en Bretagne déjà il y a quelque temps. On savait qu’il ne fallait qu’une étincelle pour rejaillir les choses et gagner nos territoires. Je ne suis pas étonné non plus que cela arrive après des élections. Pendant les élections, l’activité s’arrête. Les choses depuis janvier 2016 s’organisent. La profession est en grosse difficulté, car c’est certain, nous allons perdre des agriculteurs cette année. Tout les facteurs qui ont convergé en 2015, vont perdurer en 2016 et vont considérablement faire exploser le fonctionnement de l’agriculture d’aujourd’hui ».
Aujourd’hui, le désarroi général est alarmant. Le quotidien, c’est la peur du dépôt de bilan, la peur de ne pas arriver à faire vivre une famille (voir le témoignage de Benjamin Dennequin). Le sentiment très lourd de devoir accepter de vivre sans revenu, de travailler en sachant que l’agriculteur perd beaucoup plus d’argent qu’il n’en gagne, « Cette semaine, (l’interview a été réalisée le samedi 6 février 2016), j’ai rencontré un agriculteur de 30 ans, installé depuis 10 ans, il est producteur de lait. Son exploitation est immense : 150 hectares, avec une centaine de vaches laitières. L’exploitation typique qui voit passer la crise …Il n’a pas pris de salaire depuis 10 ans. Il a encore quatre années de prêt à rembourser (78 000€ annuellement). Aux dernières nouvelles, il a redéposé un dossier dans le cadre des appels à projet de fonds européens (FEADER). Malgré tous ses problèmes, il continue à réinvestir pour se moderniser, avec une production de qualité. Pour lui, il doit tenir encore quatre ans. Mais ces années, ça peut être long, quand on voit les prix qui baissent, les emprunts sur le dos … Pour l’agriculteur en question, sa femme travaillait mais elle ne peut plus : si le conjoint travaille, ils perdent les aides… C’est dingue ! Comment subsistent-ils ? Cette situation est insupportable. Même avec une belle structure comme la sienne, la crise le touche, la baisse du prix du lait est dramatique. Chaque mois qui passe, les agriculteurs voient leur trésorerie s’amenuiser et on peut voir et constater de nombreux dépôts de bilan. Tout cela m’attriste, car ce sont des structures de qualité, qui entretiennent et occupent notre territoire. Ça fait très peur. » Aujourd’hui, les exploitations de taille moyenne ne peuvent plus vivre correctement : on observe une crise du modèle familial à la française, avec une incapacité de subvenir aux besoins du quotidiens, croulant sous les dettes, et ne recevant pas les aides pour gonfler une trésorerie qui en a grandement besoin. Jean Christophe Rufin vise en grande partie le responsable de cette situation : l’État français « Que de temps perdu depuis quinze, seize mois ! Il a une part de responsabilité dans ces latitudes que l’on a laissé à la GMS (Grandes et Moyennes surfaces), à la grande distribution, de faire une pression aussi forte sur ses fournisseurs. Il faut équilibrer la balance. On a vécu cela avec la crise des producteurs d’endives ici : ils s’étaient regroupés pour mettre qu’un seul apporteur de produit. Ils ont été attaqué par l’Europe, se retrouvant avec des amendes, parce qu’ils se sont regroupés, qui entravent à la concurrence… Mais face à la grande distribution, que eux se regroupent pour faire pression sur les marchés ne gênent personne..Il y a quelque chose d’illogique ! ». La réalité du terrain, ce sont les prix dans les grands magasins. Par exemple, nous avons constaté que le prix jambon est moins importants que les croquettes pour les chats, que le litre de lait soit moins cher qu’une seule cigarette… L’incohérence, le non respect du producteur, de l’éleveur, est manifeste.


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