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Le Dossier

L'exode de mai 1940 : le récit du peuple des routes originaire de l'Avesnois

4 - En mai fait ce qu'il te plait : un film relatant cette période, tournée dans la région


Ils sont des milliers à ne pas y croire. On leur dit que la guerre est au porte de chez eux, ils ne veulent toujours pas y croire. Pourtant, en ce mois de mai 1940, le Nord de la France est la première victime de l’invasion allemande. Ces derniers ont profité de l’immobilisme français pour prendre par surprise de grandes villes en quelques jours : Lille, Valenciennes, Cambrai, Arras.
Sans opposition ou presque, les allemands vont précipiter les habitants des environs à fuir vers le Sud. C’était en tout cas la consigne donnée aux maires en cas d’invasion. Pour certains, quitter son foyer, est inconcevable. Ils se sont précipités vers les gares, où les trains sont bondés, où les trains doivent s’arrêter en plein chemin pour laisser passer les convois militaires. Mais par la force des choses, certains doivent prendre les petites routes de campagne, beaucoup plus accessible, tandis que d’autres prenaient les routes nationales, elles-aussi prises d’assaut et où l’on roule au ralenti. C’est une gigantesque migration qui se jette sur les routes de France, dans un désordre total, où toutes les classes sociales se mélangent. Femmes, enfants, vielles personnes : dès le 18 mai 1940, ils prennent tous les moyens de locomotion imaginables : voitures, bicyclettes, charrettes à bras, chariotes de ferme avec leurs grandes roues entourées de fer, brouettes, landaus. Le maximum de bagages, matelas, ustensiles de cuisine, accessoire pour les chevaux. Ceux-là sont les plus chanceux. D’autres, partiront à pied, sans chaussure de rechange, les pieds ensanglantés par l’effort, cumulant les kilomètres et les kilomètres sans jamais s’arrêter. Sur les routes, le désespoir, et dans les villes, le K.O. Les réfugiés belges s’entassent dans les villes limitrophes. L’eau courante commence à manquer. Dans le livre hommage « Le Nord-Pas-De-Calais Dans La Main Allemande 1940-1944 » d\'Étienne Dejonghe, écrit par exemple qu’il ne reste plus qu’un seul médecin civil et trois infirmiers pour soigner 250 blessés graves à Arras. L’auteur poursuit en évoquant un individualisme grandissant, où les vivres s’achètent à un prix que l’on peut qualifier de cruel, tant les besoins sont importants. Puis, en traversant les villes, ce K.O se démultiplie, les habitants suivent les autres, et les allemands poursuivent leur invasion en semant la terreur, bombardant les carrefours et les villages. Des milliers de personnes seront tués en voulant quitter leur foyer. En quittant le Nord et le Pas-de-Calais, l’idée est donc de suivre le chemin en direction de la Bretagne.
Cette période de mai 1940, beaucoup l’ont vécu, et nous en avons rencontré plusieurs, qui a travers leur histoire ont été marqué par ces mois d’exode débutés en mai 1940, plus ou moins directement. Nous vous proposons également un long témoignage avec Christian Carion, réalisateur du film « En Mai fait ce qu’il te plait », qui évoque le parcours difficile d’un village sur les routes de cet exode. Un film qui fait échos à l’actualité d’aujourd’hui : celle de ces migrants qui fuient la Syrie, l’Irak, pour venir trouver refuge dans notre pays.
 


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