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Le Dossier

Des élections régionales historiques en Nord-Pas-de-Calais-Picardie – Bilan dans l'Avesnois

7 - Marie Sophie Lesne, "La crise est profonde, avec des conséquences qui sont lentes, et nous payons cela lors des élections"


Marie-Sophie Lesne est depuis le 4 janvier dernier Vice-Présidente au Conseil Régional Nord-Pas-de-Calais Picardie en charge de l'agriculture. Un sujet épineux vu l'actualité (nous en parlerons dans notre prochain dossier sur la crise agricole). Mais la maire de la ville de Le Quesnoy se rémore, avec nous, le déroulement de ces élections régionales 2015.

Comment avez-vous vécu ces élections régionales 2015 ?
Franchement, pas très bien. J’ai eu un sentiment de relative impuissance à faire campagne. Il y a eu la campagne qui a démarré depuis un an, où c’était surtout Xavier Bertrand qui été à la manœuvre et où nous étions des candidats sortants. Dans ces cas-là, nous sommes plutôt des spectateurs engagés. Il y a eu la campagne avant les attentats, entre septembre et les attentats, où nous sommes entrées dans le vif du sujet. Nous sentions la difficulté de rencontrer la tension de nos concitoyens, car les régionales n’étaient pas forcément leur préoccupation. Nous avons ressenti une vague de mécontentement, voire de désespoir. Déjà à ce moment, c’était compliqué. Et puis cette troisième phase après les attentats. Nous avons eu très peu de temps pour nous remobiliser, alors que Xavier Bertrand avait fait une campagne de terrain avec ses réunions répétitives. Le Quesnoy, ma ville, a reçu Xavier Bertrand devant 300 personnes. Mais les attentats ont marqué un nouveau départ, avec une prédominance du sujet sur la sécurité du territoire. Ça n’a pas été facile. On avait le meilleur candidat possible, sans doute depuis très longtemps. J’ai l’expérience des dernières campagnes et avec Xavier Bertrand, nous avions un candidat engagé, motivé, concentré, avec les bonnes attitudes. Mais tout cela rejaillit finalement positivement qu’après la victoire. C’est assez paradoxal, car nous n’avons pas réussi à l’exprimer concrètement juste avant les résultats de ces régionales.

Vous nous en parlez comme si ces élections avaient eu lieu hier. Êtes-vous encore marqués par ce qu’il s’est passé ?
Oui bien sûr qu’elles m’ont marqué, parce que c’est quand même nos vies que l’on met dans le jeu. On le vit de manière très forte, et ma vie en politique, je la vis à fond.

Dans l’Avesnois, les chiffres du Front National ont été assez impressionnants. Comment vous les analysez, aujourd’hui ?
Elle est assez simple. Les scores sont étroitement corrélés avec la situation économique et sociale, de chômage, de désespérance… La colère des gens est sourde. Elle se manifeste uniquement lors des élections. Nos institutions restent solides. Je ne suis pas étonné. Nous sommes en crise depuis 2008, presque 8 ans. La crise est profonde, avec des conséquences qui sont lentes, et nous payons cela lors des élections. Ce n’est pas très étonnant, et nous le vivons comme une fatalité. On le combat, pourtant. C’est tout le sens de Xavier Bertrand, c’est de dire croyez encore malgré tout en nous, pour vous prouvez que l’on va vous sortir de là. Les gens sont encore accrochés à l’espoir.

Vous êtes une élue de l’Avesnois. Ressentez-vous une certaine pression par rapport aux problématiques du territoire et à ces résultats ?
Oui. Oui, parce que nous sommes des personnes responsables. C’est un lourd engagement pour moi. De toute façon, la pression est forte, et nous ne sommes pas du genre à dire que l’on est qu’élu uniquement à la région, cela ne dépend pas de nous. Moi je dis oui, cela dépend de nous. On est dans un cadre limité, mais l’action de Xavier Bertrand, on le voit, elle s’inscrit au-delà du simple cadre de président de la région. Il essaye d’influer sur l’ordre des choses, comme à Calais, sur l’emploi, et de montrer ainsi que la politique peut aller bien au-delà du simple cadre légal. Il ne faut pas faire les gros bras. C’est ce qui nous distingue de l’ancienne mandature. On a passé une autre dimension.

Comment allez-vous évoquer le territoire de l’Avesnois ?
Je suis vice-présidente à l’agriculture, c’est un dossier important. Au-delà de ça, le territoire a des atouts qui doivent être valorisés par les compétences de la région, le tourisme, au développement économique qui est moins évident. Par rapport à d’autres territoires, on a du foncier. Je vais parler de l’Avesnois en parlant justement de ces portes ouvertes, qui ne demandent qu’à être enfoncées.

Le problème de l’Avesnois : le départ de sa jeunesse. Comment la garder ?
Oui c’est une problématique. Il y a très peu d’emploi sur ce bassin par rapport à la Métropole. Ce n’est pas nouveau, malheureusement. Notre matière grise part tout de suite. C’est une problématique structurelle contre laquelle il faut agir. On est encore dans l’après-sidérurgie. Finalement, nous avons vécu une période un peu facile. C’était un territoire heureux. Aujourd’hui, c’est l’inverse. Nous n’avons pas encore trouvé la bonne méthodologie.

Parmi les projets qui unie les différents territoires, il y a le Canal Seine Nord. Un projet où vous ne pouvez pas vous planter …
C’est vrai. Je pense que la région sera au rendez-vous. Cela va irriguer les territoires, avec des travaux qui vont amener de l’emploi. Tout ce qui va concourir à la santé du Cambrésis, du Hainaut, du Valenciennois va rejaillir sur l’Avesnois. J’ai cette vision un peu plus large pour le territoire. Tout ce qui va dans le sens pour le territoire du Valenciennois, notamment, aura forcément des conséquences positives sur l’Avesnois et le Cambrésis. Dans le secteur de ma ville, Le Quesnoy, nous avons une dynamique avec le renouveau du Valenciennois qui s’est ressenti. La démographie a été très réactivée. Tout cela nous stimule, finalement, avec des commerces, des services et des écoles qui vivent. Il faut continuer à travailler nos atouts sur le développement des entreprises


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